Manèges

Distribution

Manèges

De Laura Alcoba

Mise en scène 

Clara Bauer

Adaptation théâtrale
Clara Bauer et Laura Alcoba

Avec

Laura Alcoba et Chicha Mariani

 

Musique

Jean-Jacques Lemêtre

Lumière et Collaboration artistique

Ximo Solano

Éléments scéniques
Antonella Carrara

Production

Compagnie MIA

Le livre Manèges, Petite histoire argentine est édité aux Éditions Gallimard

Teaser

Présentation

“ Processus de réorganisation nationale ”, c’est le nom que s’est officiellement donné la dictature militaire argentine de 1976 à 1983. Celle-ci a fait près de 30 000 disparus, 15 000 fusillés, 9 000 prisonniers politiques, et 1,5 million d’exilés, ainsi qu’au moins 500 bébés enlevés aux parents et élevés par des familles proches du pouvoir.

Je vais évoquer cette folie argentine et toutes ces personnes emportées par la violence. Je me suis enfin décidée parce que je pense bien souvent aux morts mais aussi parce que je sais qu’il ne faut pas oublier les survivants.” Manèges, Petite histoire argentine, Laura Alcoba

Laura Alcoba, dans son récit, nous raconte du haut de ses 7 ans, la terreur de la dictature, le drame d’un pays, le silence dans lequel elle était murée.

“ Maintenant, nous allons vivre dans la clandestinité, voilà exactement ce que ma mère m’a dit. Pour la trappe dans le plafond, je ne dirai rien, même si on venait à me faire très mal. Je n’ai que 7 ans mais j’ai compris à quel point il est important de se taire.”

Laura Alcoba et sa mère vivaient avec un jeune couple, Cacho et Diana, dans une maison qui abritait un élevage de lapins. Cette activité officielle était en fait un moyen de dissimuler une imprimerie clandestine qui distribuait des journaux du mouvement révolutionnaire, Montoneros . Laura a vécu dans la maison des lapins le temps de la grossesse de Diana avant d’être exilée en France.

“ Curieusement, je ne me souviens pas du tout de la façon dont se sont déroulés les adieux avec Diana et Cacho. Le climat du pays n’était pas vraiment à la fête, mais peut-être en avons-nous profité pour manger un lapin ? Sans doute. Diana, je m’en souviens, était alors sur le point d’accoucher. Je me vois encore lui dire combien j’étais triste de partir avant la naissance de l’enfant. Plus tard, j’ai appris que elle et Cacho avaient eu une fille, Clara Anahí, née le 12 Août 1976.”

Clara Anahí fait partie de ces 500 bébés qui ont été arrachés à leurs parents dès leur naissance. Ils existent aujourd´hui sous des faux noms. 110 d’entre eux ont été retrouvé et ont pu recouvrer leur véritable identité grâce aux Grands-mères de la place de mai. Cette association fondée en 1977 par Chicha Mariani lutte encore à ce jour pour rendre leur identité à ces enfants volés par la dictature militaire argentine.

“ Clara Anahí vit quelque part. Elle porte sans doute un autre nom, elle ignore probablement qui furent ses parents et comment ils sont morts. Mais je suis sûre, Diana, qu’elle a ton sourire lumineux, ta force et ta beauté.” Manèges, Petite histoire argentine, Laura Alcoba.

Laura Alcoba n’a pas eu d’autre choix que d’écrire cette histoire en français, sa langue maternelle l’espagnol étant apparentée à la langue du silence. “ L’espagnol est une langue où j’ai appris à me taire, à avoir peur, l’entrée en langue française est une libération.”

Le théâtre est pour moi la possibilité de faire une place à ce silence.

Je présenterai ce projet autour d’une lecture théâtrale d’extraits du livre Manèges, Petite histoire argentine, de Laura Alcoba, d’une projection d’un film documentaire de 10 minutes présentant la grand-mère de Clara Anahí, Chicha Mariani, fondatrice des Grands-mères de la place de mai.

En images (Matías Fernández Madrid ©)