Un amour exemplaire

Distribution

Un amour exemplaire

D’après la bande dessinée de

Florence Cestac et Daniel Pennac

Mise en scène

Clara Bauer

Adaptation théâtrale

Clara Bauer et Daniel Pennac

Avec

Florence Cestac, Marie-Elisabeth Cornet, Pako Ioffredo, Laurent Natrella de la Comédie-Française ou Dominique Langlais (en alternance) et Daniel Pennac

Collaboration artistique

Ximo Solano

Lumière

Ximo Solano et Franck Besson

Musique

Alice Loup

Éléments scéniques

Antonella Carrara

Production

Compagnie MIA/Paris et il Funaro/Italie

Un amour exemplaire est une bande dessinée publiée aux Éditions Dargaud

Avec l’aide du COMICON Salon International de la Bande Dessinée de Naples, du Théâtre du Rond-Point/Paris et de la Ville du Mans.

Teaser

Présentation

Années soixante, sud de la France. Le petit Daniel en vacances s’éprend d’un couple d’amoureux. Il s’incruste et de ses 8 ans à ses 23 ans fréquentera Jean et Germaine jusqu’au jour de leur mort. Jean et Germaine sont vieux. Il y a des lustres, la petite cousette Germaine giflait sa patronne, la mère du jeune marquis Jean, lequel tombait illico amoureux d’elle. Coup de foudre. S’ensuit une vie entière d’un amour fou, improductif, sans enfant ni fortune. Tous deux reniés par leur milieu respectif vivent dans les livres et la rigolade, un amour de résistance totale à toutes les sollicitations consuméristes et mondaines. L’enfant Pennac est fasciné. Ils s’aimaient, c’était leur œuvre, leur temps, leur vie, rien d’autre ne les occupait. 

Un demi-siècle plus tard, Pennac raconte cette histoire à Florence Cestac, dessinatrice et auteure de BD, fondatrice de Futuropolis, Grand Prix de la ville d’Angoulême en 2000. Ils en font un livre à images et à bulles, une bible exemplaire pour un amour sans faille. Clara Bauer vient de Buenos Aires. En France, depuis 1998, elle accompagne Ariane Mnouchkine puis Peter Brook. Elle se passionne pour l’œuvre de Pennac, qu’elle dirige dans Journal d’un corps aux Bouffes du Nord puis au Rond-Point et en tournée.

Dans Un amour exemplaire, la musique, signée Alice Pennacchioni, accompagne les dessins exécutés en direct par Florence Cestac qui restitue l’histoire de Jean et Germaine, de façon tendre et poignante. C’est un rêve de môme qui s’accomplit sous nos yeux autour d’un amour vrai.

Note d'intention

Un jeu théâtral entre conte et BD

La lecture de la bande dessinée Un amour exemplaire de Florence Cestac et Daniel Pennac m’a donné envie de porter cette œuvre au théâtre pour deux raisons majeures : d’abord, pour l’histoire, celle d’un amour réputé résolument improductif (pas de métier, pas d’enfants, rien que l’amour et la débrouille) qui résiste à toutes les épreuves, ensuite pour le défi d’adapter au théâtre une bande dessinée.

Un amour exemplaire, c’est l’histoire d’une mésalliance réussie dont les protagonistes, Jean et Germaine, émettent un tel rayonnement de fantaisie érotique et tendre, qu’un petit garçon, tombé sous le charme de leur amour, adopte ce couple hors norme, l’adopte pour toujours, absolument. Cet enfant, dans la réalité, était Daniel Pennac, et ce couple, Jean et Germaine, habitait son village. Le petit Daniel décide d’aimer Jean et Germaine envers et contre tous ceux qui les excluent.

Devenu adulte et écrivain, Daniel Pennac raconte à son amie dessinatrice Florence Cestac, la mémorable histoire de ses chéris, Jean et Germaine, et lui confie la mission de la transformer en BD.

Le tour est joué, nous voilà en compagnie de l’enfant, au temps où il multipliait manœuvres de séduction et ruses de sioux pour s’introduire auprès du couple élu. Nous sommes témoins des circonstances périlleuses et drolatiques du coup de foudre du jeune marquis Jean de Bozignac pour Germaine, l’employée de maison qui osa rendre une gifle à sa patronne. Nous découvrons tout des raisons pour lesquelles la bourgeoisie locale accordait si peu d’estime au couple Jean-Germaine, nous les voyons s’aimer, s’amuser l’un de l’autre, se lire des livres, nous les suivons jusqu’au bout – jusqu’à leur mort – en compagnie parfois de Rachel, l’amie des premiers temps et des coups durs, y compris le dernier : l’impossible séparation.

Tout se conclut par les dates figurant sur la pierre tombale du couple : Jean et Germaine BOZINAC, 3 avril 1927, 25 avril 1971. « Ah bon ! Ils n’ont vécu que quarante-quatre ans ? Non, dit Rachel, ils sont nés le jour de leur rencontre ». Voilà pour la bande dessinée.

Mon défi est de donner à cette bande dessinée une forme théâtrale pour incarner et partager cette histoire qui m’a tant touchée.

Mais comment monter une BD au théâtre ? Et celle-ci en particulier ? Comment incarner cet amour de résistance entre Jean et Germaine ? À partir d’une seule vignette dessinée peut surgir une véritable scène de théâtre. La présence de la dessinatrice Florence Cestac et de l´écrivain Daniel Pennac sur scène m´est apparue nécessaire pour interpréter l’histoire à travers eux. Daniel raconte son coup de foudre pour cet incroyable couple pendant que Florence le dessine. Ses dessins prennent tantôt tout l’espace de la scène et tantôt ils sont investis par les acteurs et mis en mouvement.

L’écrivain relate sa rencontre et exprime son amour pour Jean et Germaine. La comédienne Marie-Elisabeth Cornet rentre dans l’histoire à tel point qu’elle devient elle-même protagoniste du récit. Elle incarne Germaine. Elle rencontre le jeune marquis Jean de Bozignac interprété par Laurent Natrella ou Dominique Langlais, et elle assiste à la naissance de cet amour exemplaire et à la mort d’une particule. Un troisième comédien, Pako Ioffredo, incarne à la fois un désopilant technicien et le père hilarant-terrifiant de Germaine. 

Une composition musicale créée par Alice Pennacchioni accompagne cette histoire d´amour dans la France des années 1930 jusqu’à la fin de la vie du couple, au début des années 1970. La musique est fidèle au rythme du récit, à la cadence du pinceau de Florence et répond au conteur Daniel tel un leitmotiv musical atemporel ponctué par des références aux airs de l’époque.

La scénographie réalisée par Antonella Carrara est très simple. À jardin, au premier plan, un coffre est posé. Derrière ce coffre deux chaises, un porte-manteau. C’est l’espace du conteur.

À cour, on voit au second plan « l’atelier de la dessinatrice ». Une table à dessin en bois, des feuilles, des pots de crayons, des pinceaux, des encriers. Au fond de la scène, un grand écran sur lequel sont projetés les dessins que Florence Cestac réalise en direct pendant le spectacle.

La lumière, sans filtre, signée Ximo Solano, transmet la chaleur des échanges entre les deux créateurs tout en mettant en valeur les dessins en noir et blanc de Florence Cestac.

Clara Bauer

En images